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Textes des autres

Textes des autres

Michel Remy, Professeur d'histoire de l'art

Benoît Barbagli, ou la plongée dans les hauteurs.

C’est entre le milieu et la fin du 18ème siècle  que s’est confirmé le doute philosophique et moral quant au pouvoir de l’homme sur la nature, que le classicisme proclamait haut et fort. A ce moment-là la nature s’est peu à peu imposée contre la prétendue domination que l’homme pensait exercer sur elle. Naissance du jardin anglais, fascination pour les ruines, découverte  gothique des entrailles de cette même nature, apothéose du romantisme de Bernardin de Saint Pierre, Byron, Lamartine, Hölderlin, Shelley, Hugo et j’en passe…

Avec eux,  se dessine une sensibilité en quête d’elle-même, une « pensée en proie à la démesure qui l’engendre » « sous les décombres de nos certitudes abolies » selon les belles phrases d’Annie Le Brun.  Les montagnes, comme les souterrains des châteaux, deviennent alors les lieux où l’âme du monde, l’esprit qui sourd à la fois des strates géologiques et des reliefs vertigineux, où cette âme et cet esprit nous stupéfient et nous invitent à dialoguer avec eux au regard de l’infini. La fameuse expérience de William Wordsworth enfant, pris de terreur dans l’ombre des rochers sur lesquels la nuit s’installait, Shelley en admiration terrifiée devant le Mont Blanc, Lamartine et son lac, Musset et les hurlements des loups, tous ont signé ce dialogue qui n’en finit pas…
Sans le moins du monde céder à des comparaisons ridiculement disproportionnées,  nous pensons que Benoît Barbagli est l’un de ceux qui, héritiers de cette « plongée dans les hauteurs » – si l’on me permet  cet oxymore  – réussissent à suspendre la pensée rationnelle,  à se « dépouiller de ces liens de mortalité » et à se transcender, mais en restant  solidement  ici. Le travail de Benoît Barbagli est un travail performatif, c’est-à-dire de mise en scène à la fois de lui-même et des paysages de mer et de montagne. On est tenté de voir, certes hâtivement, une filiation avec le Land Art des années soixante-dix, mais il faut vite dire que c’est un Land Art qui dépasserait une trop sèche objectivité et qui serait  inséparable d’une profonde spiritualité, sans que ce terme ait quoi que ce soit de religieux. Il n’est d’ailleurs pas sans importance qu’il ait décidé, afin de faciliter cet échappement de soi, de rechercher cette âme du monde en Inde et au Népal, berceaux  d’une religiosité sans religion, là où la spiritualité est le banal quotidien des hommes, là où l’on ne peut qu’être pris de vertige – et le vertige n’est-il pas oubli, redouté ou espéré, de la pesanteur ?  L’exotisme, c’est l’ailleurs. C’est sortir de soi.

La confrontation avec l’espace, par son lyrisme et son exaltation du moi profond, exprime chez Barbagli le besoin de retrouver la mesure de l’homme en dehors de tout conditionnement visuel et moral. Comme si, en plongeant dans un précipice de montagne, on découvrait ce qu’il y a au fond : notre corps dés-habillé de ses oripeaux de civilisé. C’est là que prend sens la nudité de certains corps  de Barbagli. La nudité ne représente-t-elle pas la séparation, l’abandon du monde des apparences mensongères, une sorte de réappropriation de soi, afin d’atteindre les parages d’une vérité qui nous a échappé et entrer en rapport intime avec l’altérité ? Ce rapport débouche alors sur une interpénétration de l’homme et du cosmos, du moi et du grand autre, dans laquelle les deux termes de la relation se retrouvent dans le même état de pureté originelle – tentative du moi de rencontrer l’Autre au même niveau et d’abolir ce qui risque de les différencier. Regardons certaines photos : que le corps adopte la position fœtale ou recroquevillée, qu’il plonge dans l’océan du temps en une offrande de soi, en un oubli de soi ithyphallique ou qu’il défie la pesanteur et « entre en légèreté » (comme on dit entrer en religion !) en gardant ses costumes de ville sur la proue d’un rocher, le spectateur se trouve précipité dans une autre dimension de vision, une vision sauvage.

Paradoxalement , ce qui secrète cette sauvagerie de la vision, c’est la mise en scène, la pose, la composition parfaitement réfléchie qui fait en sorte que les corps ne sont en aucune façon irruptifs ou perturbateurs mais sont sur le point de se fondre… C’est là où la photographie vient  au secours d’une oeuvre qui devrait disparaître, car cette œuvre, sauvage, ne peut qu’être éphémère…C’est là où le souci de composition poétique change la nature de la photographie qui, au lieu d’être confortablement et banalement documentaire,  révèle un potentiel imaginatif immense. Breton disait que « l’œil existe à l’état sauvage ». Or cet oeil-là,  qui est  bien celui de Magritte,  de Miro, de Masson ou  d’ Ernst lorsqu’ils sont en train de peindre et de se fondre dans « les territoires cachés de l’inconscient » ,   cet œil-là n’est-il pas également  ce que devient l’oeil du spectateur à l’instant même où il découvre ce qu’ils ont peint ?  La « sauvagerie » de cette vision ne se communique-t-elle pas de l’un à l’autre? Le même rejoint l’autre,  le physique le métaphysique, l’éphémère l’éternel, nous sommes en pleine immanence…

Ici la terre…oui, mais aussi, ici l’esprit. – et l’imagination !

Il ya des lieux où souffle l’esprit, et Benoît Barbagli nous les donne à voir…

Michel Remy

Université de Nice

Rebecca François, Conservatrice au Musée d'art Moderne de Nice

Les expériences de Benoît s’hybrident avec la furtivité. Elles entraînent différents médiums (peinture, sculpture, photographie, vidéo, son, édition) dans le champ performatif. Plurielles, elles prennent leurs sources sans s’y affilier dans les démarches interventionnistes ou appropriationnistes de la seconde moitié du XXe siècle avant de s’échapper vers l’hors-champ, traçant une dynamique indétectable, en apparence seulement.

Décrétant l’art comme prétexte de vie, « fantasmant l’ultime pièce comme un simple souffle : une respiration », Benoît s’inscrit dans un héritage Fluxus où la vie n’est plus théâtralisée. Ici, la poésie de l’ordinaire se greffe à un hymne à la nature débarrassée de toute vision bucolique. Pour autant, Benoît n’intervient pas en milieu naturel comme les artistes du Land Art, il ne modifie pas le paysage, pas plus qu’il ne préserve ou cicatrise les écosystèmes.

L’attitude désinvolte de Benoît face à l’histoire de l’art peut être déstabilisante. Loin d’être un moteur à la création, les citations artistiques qui font parfois surface sont appréhendées de manière décomplexée, sur le mode du copyleft, comme un développement ou détournement libre. À mille lieux de l’artiste postmoderne multipliant les références, Benoît fait de ses gestes des images poétiques délestées d’un ancrage historique ; une position-réaction face à une scène artistique contemporaine au profit du ici et maintenant. « L’inconsistance n’est pas l’insignifiance » disait Marcel Duchamp.

Sur la chaîne montagneuse d’Annapurna, sur le Massif du Mercantour ou sur les rives de la Méditerranée, Benoît marche, bivouaque, escalade, nage, plonge en apnée pour créer des gestes aux allures de conquête qui demeurent pourtant futiles et éphémères. Il côtoie et courtise la nature, se jette dans le vide ou au fond des abysses pour offrir, l’espace d’un instant, un bouquet de fleurs à la Terre [Les Tentatives, 2014].

L’ascension, le vertige, l’attrait du vide, l’ivresse des profondeurs donnent aux étreintes une pulsion sexuelle. Les énergies primordiales – l’eau, le feu, l’air, la terre-, les qualités élémentaires -le chaud, le froid, le sec, l’humide- sont convoquées et avec elles, différents paysages nocturnes ou diurnes -la montagne et la mer, les à-pics des falaises et la douceur des lacs, la chaleur du soleil et la blancheur glaciale de la neige.

La question du nu dans le paysage apparaît comme un contrechamp nécessaire à l’ère anthropocène. Elle n’affiche plus la place centrale et narcissique de l’humain ou du « je », elle sollicite une relation horizontale et pacifiée avec le monde. Elle se construit dans une volonté d’action, de réaction, de prise en main.

Les offrandes érotiques expérimentent les maillages qui relient l’humain à la nature. Un plaidoyer pour l’écosophie, un appel à ressentir les pulsions vitales s’y déploient. La méditation s’instaure comme une Forme de paix [2016]. Les Visites [2014] exultent le plaisir d’une connexion et interaction. La nature n’est plus un lieu de repli idéalisé, elle est un partenaire privilégié et intime. Elle est là où le vent se lève.

Benoît favorise des moments de synergie artistique par des actions éco-solidaires. Ainsi, il initie des sessions de création collective dans une atmosphère joyeuse et festive où la figure de l’auteur et de l’autorité est interrogée. À plusieurs, ils se laissent tomber au fond de l’eau comme dans un sommeil profond [Nous avons essayé de nous endormir sous l’eau, 2018], jouent de la trompette en pleine mer [Il y a comme un lien entre la musique, l’eau et la vie, 2019], courent nu.es dans la neige [Coup de soleil, 2019].

Certaines expéditions s’affirment, de manière pérenne, éphémère ou nomade, dans le paysage, sollicitant l’aide de compagnons aux savoir-faire et qualités spécifiques. Avec un architecte naval [Marc Risé], des musiciens et des apnéistes amateurs, il immerge, le temps d’une session, un piano « infusant une onde musicale dans les tréfonds maritimes » [La marée de la trépidation, 2015]. Accompagné de grimpeurs [Félix Bourgeau, Audrie Galzi, Tom Barbagli], il fixe à l’aplomb d’une montagne un moulage en bronze (d’environ 20 kg) de son bras tenant un véritable bouquet de fleurs voué à disparaître s’il n’est pas remplacé [Ici la terre, 2014]. Avec un amie cameraman, il fait voyager une stèle de bois brûlé en pleine nature comme une porte interstitielle ouverte de l’autre côté du miroir [Monoxyle, 2019].

La nature est également un partenaire privilégié. À Athènes, avec l’artiste Eri Dimitriadi, il tente de capturer la forme de l’eau sur terre ou sous mer [Ocean mémoria, 2017- ]. Seul, il lance dans le paysage de l’encre naturelle confectionnée sur place pour qu’elle vienne maculer une toile déposée en contrebas dans une forme de co-création cosmologique [Ecotopia, 2016-2020].

Cette propension à travailler en collaboration se cristallise dans la naissance en 2018 d’un collectif à géométrie variable (Tom Barbagli, Evan Bourgeau, Camille Franch-Guerra, Omar Rodriguez Sanmartin, Anne-Laure Wuillai) et au nom fluctuant (Azimuth, Palam) magnétisant des envies et idéaux éco-solidaires communs.  Le collectif et la marche en montagne devient un processus de travail, une manière d’habiter la terre [Azimuth, 2018 ; Sous la glace, l’eau, 2019].

Benoît est l’un de ces esprits nomades, qui tente d’ouvrir un champ exploratoire où les énergies circulent librement jusqu’à rendre inextricable les liens qui relient expérience, plaisir et création. En témoignent ses textes manifestes ou épiques ainsi que ses éditions [Ici la terre, 2015].  Les expéditions prennent sans complexe une envolée lyrique. Cette réminiscence du Romantisme, loin d’être naïve, semble évoquer ce que ce passé peut dire au présent pour que l’humain ne soit plus face à la nature, mais avec elle.

Dans cet activisme sensuel, la jouissance de la liberté ne cesse d’exulter encore et encore jusqu’à créer un élan de vie politique et sociétal. L’engagement collectif -et non communautaire- devient cortège.

Ainsi, ils lèvent le point armé d’un bouquet [Révolution naturelle, 2019-2020], s’aiment à plusieurs, la nuit, dans les rues du quartier Exarchia -lieu d’autogestion et d’initiative citoyenne à Athènes [ACAB, 2017]. Avec l’artiste Aimée Fleury, ils alimentent et cultivent le feu de la liberté [La libération, 2020] dans une sorte de rituel processuel et chamanique qui n’est pas sans rappeler ses recherches plastiques sur la télépathie, la synesthésie, la transe [À corps, 2013] ou ses compositions sous LSD [Déploiement de l’eau, 2011].

Ces œuvres, instants de vie engagés dans un meilleur lendemain, ne participent pas toujours d’une réflexion éco-responsable qui serait davantage en phase avec la pratique. Cependant leur nature est ailleurs, immatérielle, insaisissable. Elles se cristallisent dans l’émotion qu’ellent procurent, dans l’appel à la liberté, à la tempête et à l’élan qu’elles insufflent.

Camille Frasca, Conservatrice au Musée Picasso

Benoît Barbagli est ce qu’on pourrait appeler un artiste supra-conceptuel. Né en 1988 à Nice, il suit à partir de 2010 les cours de la Villa Arson, où il apprend chaque année à se remettre en question. On lui conseille d’aller toujours chercher un au-de- là, de pousser plus loin, de mettre constamment en doute. Cette tournure d’esprit alimente alors ses recherches artistiques. Il multiplie et diversifie les pratiques, créant des ponts. Fonctionne par gestes,

foisonne d’idées, bouillant.

Le texte est le liant pour comprendre les œuvres. Et lui permet de satisfaire son insatiable envie d’aller toujours plus loin. Car Benoît aime à trouver les choses infinies, inachevées, « sans bords » comme il le dit. […] On aimerait le classer dans une mouvance post Land art, car ce qui revient souvent c’est la fuite de la galerie, pour courir dans l’espace public. Mais ce serait l’enfermer dans un champ de références dont il ne se réclame pas forcément. Benoît construit sa propre histoire : l’autre aspect crucial dans son travail, c’est la narration. Le langage est pour lui une matière presque plastique, chaque projet contenant un germe narratif qui se constitue et se complexifie à mesure que les idées naissent, vivent et meurent dans la tête de Benoît.

Thomas Golsen, Professeur d'histoire de l'art de Université de Lille

Benoit Barbagli m’a révélé l’existence du Réseau-Schumann, Ce maillage d’ondes telluriques qui agirait aussi sur le relief minéral que sur les organismes vivants: il m’a enseigner comment communiquer par télépathie et lire les mots invisible écrit entre les lignes; il m’a démontré qu’on pouvait jouer du piano au fond de la mer.

Benjamin Laugier, Conservateur au Nouveau Musée National de Monaco

Benoit Barbagli entreprend un travail performatif qui associe ingénierie et poésie.

Teintées d’un fort rapport à la nature et aux sciences, ses performances peuvent ainsi être orchestrées par des dispositifs complexes ou ne nécessiter que le plus simple appareil.

Ses Visites peuvent parfois rappeler les postures de Philippe Ramette lorsque lui-même invoque Le Voyageurc ontemplant une mer de nuages de Caspar David Friedrich.

Pour Tide of Trepidation, il attelle un piano à un radeau pyramidal. Relié à un treuil, le piano est immergé pour être joué en apnée. Cet hommage au pianiste suédois Esbjorn Svensson, victime d’un accident de plongée, puise dans les nombreuses sources d’inspiration de Barbagli. La musique tient donc un rôle central y compris lorsqu’elle n’est pas jouée. Toile de fond de certaines actions, elle est souvent induite comme un air qu’on fredonne après une connexion synaptique fortuite.

Ici la terre est un geste a priori simple et romantique qui requiert en réalité une certaine dextérité. Accroché à flanc de falaise, un bras de bronze tient un bouquet de fleurs. Vertige de l’amour du vide.

À l’inverse, Tentacle 115,5° est un tentacule prothétique en latex composé de 128 aimants disposés dans les ventouses selon la suite de Fibonacci soit 2 exposant 7. Nouveau projet d’ascension, celui-ci consiste hypothétiquement à gravir la sculpture de Bernar Venet intitulée 115,5°, installée dans le jardin Albert Ier à Nice.

 

Benjamin Laugier

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Un corps, sans corps

La libération, 2020 Aimée Fleury et Benoit Barbagli

A mesure que Facebook, Instagram, Google, perfectionne ces algorithmes,  tous les artistes qui utilisent le nue comme vecteur de réflexions politique se trouve invisibilisée. Au déjà de ces artistes, ce sont nos corps à tous qui se voilent, et deviennent une donnée, l’or du XXIe siècle. Une donnée n’a pas besoin de corps, nous si.

 

Si l’URL de mon site est https://b enoit-barbagli-unsensored.com , c’est que mon URL d’origine (benoit – barbagli . com ) est purement et simplement banni de Facebook et Instagram, sans raison avancées, sans moyen de contester par un autre moyen que de laisser un message à un robot dans une boite vide et un lien me renvoyant à une infraction des « standards de la communauté ». 

Ont-il banni ce site car sur certaine photos surgit mon corps ou celui des model.les et ami·es nu?

Que Facebook censure la nudité sur son propre réseau cela est déjà discutable.

Les critères sont sexistes, si au moins, il pouvait se targué de lutter contre le patriarcat, mais au contraire en censurant les poitrines féminines et moins la publicité sexiste objectivante, le réseau choisit de hotter aux femmes le contrôle de leur corps et de leur image, tout en soutenant la capitale qui les exploites au travers les publicités.

Un corps nu est toujours politique, il  n’est jamais choquant en tant que tel.

Qu’est-ce donc ce « standard de la communauté », sinon une entreprise de normalisation des comportements induite par des intelligences artificielles déjà au minima sexiste.

Lorsque Facebook censure les sites web au delà de sont propre réseau d’artistes dont certaines productions contiennent des nues, cela devient une injonction à l’autocensure et une invisibilisation des luttes écologique et sociales qui s’exprime par le biais artistique que le nue contient.

Facebook( et instagram)  génère 80% des visites sur mon site web, coupé d’un coup d’un seul par la décision unilatérale d’une IA qui passe par là. 

J’ai pu crée un DNS alternatif qui lui reste actif sur leur site. Mais pour combien de temps ?

La capacité du citoyen à communiquer est constituante de sa liberté individuelle, mais aussi de sa liberté social. Un corps social, peut être tout aussi contraint qu’un corps individuel.

Il est extrêmement dangereux de laisser à des monopoles comme Facebook, le soin de concevoir des algorithmes et nous proposer du contenu dont nous ne serions pas maitres.

Il y a 10 ans Facebook et d’autres réseaux ont permit d’advenir les révolutions du printemps arabe ainsi que d’autre mouvements socials d’importance historique. Les réseaux étaient encore jeune, ils sont maintenant murs, et contrôlent précisément l’information qui peut se diffuser et celle qui reste à l’arrière court d’internet, sans portevoix, sans possibilité d’exister en somme. 

Pour preuve la chute brutale de la visibilité des pages militantes, après la visite de Mark Zukerberg chez Emmanuelle Macron, pendant la période Gilet jaune de 2018.

Il nous faut construire et soutenir (car elle existe déjà)  des alternatives libre et décentralisée des réseaux sociaux. 

Il faut que les médias alternatifs et les individus qui jouissent d’une audience  publie du contenue sur ces mêmes réseaux. 

Partager celui-ci, si le coeur vous en dit.

 

 

 

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Anthropocène, notre liberté

Article produit pour l'édition du livre Ecotopia à paraître. 

Aimée Fleury et Benoit Barbagli, 2019, 90 x 60 cm
Aimée Fleury et Benoit Barbagli, 2019, 90 x 60 cm

Une des visions populaires de l’artiste moderne est de l’assimiler à la recherche et l’expression de soi, comme geste, comme expression abstraite, comme performance... 

Ce présupposé induit une entité insécable. Un « je » qui exprimerait la vision du monde pure et simple de l’artiste. Son authenticité induirait le caractère unique et par conséquent nouveau et véritable de son œuvre. La qualité d’un artiste dépendrait de la vigueur et de la clarté qu’il serait apte à exprimer, à délimiter les contours intimes de son être authentique. Et ce, tout en restant indépendant des déterminations ou injonctions culturelles, laissant à l’anthropologie l’étude des relations individu-culture.

L’époque de l’art moderne me semble être le paroxysme de cette idée. D’un commun essor, avec la centralité grandissante de l’individu dans nos sociétés, la différence et l’unicité de l’artiste en sont les forces revendiquées, admirées. Ces qualités que le sociétal s’acharne à mettre en avant, se trouvent, dans une étrange simultanéité, assaillies de critiques. 

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Le jour où l’argent disparaîtra 

Texte pour l’exposition du Collectif Palam à la Caisse d’Epargne de Nice Massena

Le jour au l’argent disparaîtra, 2020 Palam

 

Prélude

Le jour où largent disparaîtra, cette phrase a émergé lors dune discussion collective, près dun refuge, au centre de la nature recouverte de neige, la nuit tombant, emmitouflés dans des couvertures, se réchauffant autour dun feu, 

Le lendemain, nous allions faire disparaitre largent.

Le lendemain, en nous enfonçant plus encore dans les hautes montagnes, nos pas atteignirent un lac gelé : sous la neige, la glace, sous la glace, leau.

Se positionnant à lavant-garde, explorant, assurant le terrain, nous interrogeant aussi bien métaphoriquement que littéralement, sur la question de la suppression du capital qui structure nos sociétés et nos rapports humains.

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Érotiser les luttes 

Amours à Athènes sous les stigmates de la lutte anti-capitaliste

Commentaire de la série photographique Philoxéinia
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Ces photos sont extraites d’une série faite au printemps 2017 au cœur d’Exarchia, à Athènes.

L’histoire commence près le square d’Exarchia, centre stratégique de la contestation du pouvoir par la gauche et l’ultra-gauche athènienne. Après un verre dans des bars environnant le square nous décidâmes d’aller marcher dans les hauteurs.

Le résultat impromptu et sur le vif, d’une rencontre amoureuse en trio, nous marchions de nuit dans le parc Lofos tref Park.

De mes amies intimes de quelques nuits, l’une est-allemande, la seconde est grecque, moi-même je suis français. Cela peut paraître sans aucune importante, mais le contexte qui s’incarne dans le décor m’engage le préciser.

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